La neige de culture est-elle vraiment polluante ?

A cause du réchauffement climatique, de plus en plus de stations de ski doivent faire face au manque d’enneigement qui menace les saisons, déjà relativement courtes. Pour remédier à ce problème, les canons à neige sont une solution toute trouvée, cependant ces derniers sont souvent pointés du doigt comme étant polluants. En réalité, qu’en-est-il vraiment ?

Une menace pour l’économie des stations

Ce phénomène est remarquable depuis déjà plusieurs années, la saison hivernale, qui coïncidait jusqu’ici à une période d’enneigement, souffre du réchauffement climatique, la neige se fait par conséquent de plus en plus rare. Un coup dur pour les stations de ski, qui dépendent de la neige pour attirer les vacanciers et touristes sur leur pistes. Ces dernières ont donc commencé à investir massivement – on rapporte environ 46 millions d’euros en 2002 – dans des canons à neige, des machines conçues pour produire artificiellement cette ressource naturelle.

Ces canons permettent aux stations de produire assez de neige de culture pour que les pistes soient praticables et que ces dernières puissent tourner normalement. Sans ces machines à neige, les stations de ski feraient face à une véritable catastrophe financière. Incapables d’ouvrir à cause du manque d’enneigement, elles devraient rester fermées, saison après saison, et potentiellement creuser leurs finances jusqu’à devoir mettre la clé sous la porte.

La consommation, mais à quel prix ?

Les stations de ski ont donc besoin d’attirer des clients, qui consommeront dans leurs établissements, c’est donc la raison pour laquelle elles font appel aux canons à neige. Mais l’utilisation de ces machines, bien que parfois nécessaires pour le bon fonctionnement des stations de ski n’est pas sans poser quelques problèmes pour l’environnement. Le plus alarmant de ces problèmes est l’épuisement des ressources en eau.

L’épuisement des ressources en eau

Afin de produire cette neige de culture, d’énormes quantité d’eau sont nécessaires. On estime que pour enneiger artificiellement un hectare, il faudrait environ 400m3 d’eau, soit un peu plus de deux fois la quantité d’eau requise pour irriguer un hectare de mais, pourtant considéré comme une des cultures les plus gourmandes en eau. Selon l’office parlementaire des choix scientifiques et techniques, 10 millions de m3 d’eau seraient utilisés pour alimenter les 141 équipements qui équipent les montagnes françaises.

Afin de se procurer ces quantités astronomiques d’eau, les propriétaires de stations de ski doivent souvent construire des retenues d’eau. Les ressources en eaux sont très sollicitées en été, et donc plus rares durant les saisons suivantes, il est donc plus difficile d’y avoir accès. En effet, l’hiver et l’automne sont les saisons durant lesquelles les réserves phréatiques d’eau se régénèrent. Cette utilisation intensive durant ces périodes empêche ce renouvellement et compromettent donc la pérennité des ressources en eau aussi bien pour l’homme que pour l’ensemble de l’écosystème.

Des additifs problématiques ?

La neige produite artificiellement par les canons à neige est enrichie en composés chimiques et en additifs qui servent à favoriser la cristallisation de l’eau. Lorsque cette neige fond, elle devient une eau qui reste chargée par ces composants, et qui pourrait donc polluer les masses d’eau avec lesquelles elle va rentrer en contact ai niveau des nappes phréatiques notamment.

A ce jour, aucune étude n’a cependant prouvé la nocivité de ces actifs sur la santé humaine, le fait qu’ils ne soient pas conçus pour la consommation humaine reste problématique, des solutions alternatives sont à l’étude. On peut également mentionner le fait que cette neige artificielle prend plus de temps à fondre que la neige naturelle, et retarde donc le début des saisons agricoles.

Quid de la consommation d’énergie pour produire cette neige ?

La production de neige de culture nécessite une grande quantité d’énergie électrique qui alimente les pompes et les dispositifs de refroidissement. Cette énergie tend à être d’origine renouvelable en raison du mix énergétique français composé désormais de plus de 50% d’électricité de source renouvelable (nucléaire, éolien, hydraulique…).

L’effort doit être porté par els station de ski qui devraient s’’équiper de moyen de production en propre comme des panneaux solaires ou des éoliennes. En basse saison, le surplus de production peut ensuite réinjecté dans le réseau normal pour être utilisé ailleurs.

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